Créer un compte bancaire aux États-Unis : les entrepreneurs cubains dans l’attente

Créer un compte bancaire aux États-Unis : les entrepreneurs cubains dans l'attente

Entrepreneuses cubaines dans le domaine de la mode, Lauren Fajardo et ses deux associées ont longtemps espéré pouvoir ouvrir un compte bancaire aux États-Unis afin de faciliter leurs importations de tissus et de matériel. Mais maintenant que la mesure a été approuvée à Washington, elles doutent, comme d’autres entrepreneurs indépendants de Cuba, de sa concrétisation et ne peuvent s’empêcher de se considérer comme une « balle politique » que se renvoient les États-Unis et l’île communiste.

Les défis des entrepreneuses cubaines face aux nouvelles mesures américaines

Lauren Fajardo, entrepreneuse cubaine dans le secteur de la mode, et ses deux associées ont longtemps rêvé d’ouvrir un compte bancaire aux États-Unis pour simplifier leurs importations de tissus et de matériel. Cependant, malgré l’approbation récente de cette mesure par Washington, elles restent sceptiques quant à sa mise en œuvre effective. Comme beaucoup d’autres entrepreneurs indépendants à Cuba, elles se sentent prises au piège dans un jeu politique entre les États-Unis et l’île communiste.

Un contexte politique incertain

La mesure annoncée par le gouvernement du président Joe Biden intervient à moins de six mois de l’élection présidentielle américaine de novembre, où il affrontera Donald Trump. Un retour de ce dernier à la Maison Blanche pourrait signifier un durcissement de la politique envers Cuba. « C’est quelque chose qui peut nous apporter beaucoup », explique Lauren Fajardo, « mais il subsiste un sentiment d’incertitude ».

Elle se demande quelles banques, entreprises ou plateformes se conformeront aux nouvelles mesures adoptées par le département du Trésor américain. L’île de 11 millions d’habitants est sous sanctions commerciales et financières américaines depuis 1962 et a été réinscrite sur la liste des pays soutenant le terrorisme en 2021.

Des espoirs déçus et des démarches complexes

Lauren Fajardo et ses associées ont lancé leur entreprise en 2016, encouragées par le président Barack Obama qui avait réduit les sanctions contre Cuba. Cependant, Donald Trump a ensuite durci ces sanctions, et Joe Biden n’a pas apporté de modifications substantielles. Les promesses faites en mai 2022 par Biden de soutenir l’expansion du secteur privé indépendant ont poussé Lauren et trois autres entrepreneurs à se rendre à Washington pour plaider en faveur de l’ouverture de comptes bancaires aux États-Unis. Ils sont revenus sans réponse claire et quelque peu déçus.

Une opportunité avec des réserves

La semaine dernière, Washington a finalement autorisé les entrepreneurs cubains indépendants à ouvrir, posséder et utiliser à distance des comptes bancaires aux États-Unis, y compris via des plateformes de paiement en ligne. Yulieta Pilares, ingénieure civile à la tête d’une entreprise dans le bâtiment, estime que cette mesure est une « excellente opportunité pour les entrepreneurs cubains », mais exprime également des doutes. « D’après mon expérience, je pense que très peu de banques américaines oseront ouvrir un compte à un entrepreneur cubain aujourd’hui, car la perception du risque est très élevée », note-t-elle.

Oniel Diaz, dirigeant d’un cabinet de conseil spécialisé dans le secteur privé, souligne qu’un changement à la Maison Blanche pourrait faire capoter les mesures annoncées. Actuellement, environ 11 000 petites et moyennes entreprises privées ont été approuvées à Cuba depuis 2021, mais l’économie reste dominée par les entreprises d’État.

Réactions mitigées et perspectives futures

Les réactions à l’annonce de ces nouvelles mesures sont vives, tant à Cuba qu’aux États-Unis. Le président cubain Miguel Diaz-Canel les a jugées « limitées » car elles ne touchent pas au cœur du blocus. Il a déclaré que ces mesures démontrent « l’intention historique des États-Unis de fracturer l’unité des Cubains » en ne visant que le secteur privé.

Aux États-Unis, la sénatrice républicaine Maria Elvira Salazar a critiqué la décision de Biden, affirmant qu’elle donnerait « plus d’oxygène à la dictature cubaine » et qualifiant le secteur privé cubain de « couverture pour le régime afin d’obtenir des devises étrangères ». Il y a beaucoup d’opposition à toute forme d’ouverture avec Cuba, et à Cuba, certains sont totalement contre une plus grande ouverture du secteur privé.

Les entrepreneurs indépendants se sentent pris entre deux feux. « Nous sommes un ballon au milieu du terrain, et on nous frappe des deux côtés », déplore Yulieta Pilares. Malgré les incertitudes, ils continuent de chercher des informations sur les procédures à suivre auprès des banques américaines.

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Virginie Majaux

"Virginie Mazaux" est un personnage fictif créé par l'équipe de Yourtopia.fr, symbolisant une passionnée de blogs et de réseaux sociaux née en 1992 à Bordeaux. Ce personnage, imaginé pour représenter une génération connectée et créative, a été conçu pour explorer et écrire sur diverses passions dans le monde numérique. Bien que "Virginie" ne soit pas une personne réelle, les articles publiés sous ce nom reflètent le travail collaboratif de notre équipe éditoriale, qui partage un intérêt commun pour la communication, l'innovation numérique et les tendances sociales. "Virginie", en tant que création de Yourtopia.fr, apporte une perspective unique et engageante sur les dernières évolutions dans le domaine des médias sociaux et du blogging, illustrant le parcours d'une blogueuse fictive depuis ses débuts jusqu'à la création de son propre blog et sa collaboration avec Yourtopia.fr.